Confédération Paysanne du Nord-Pas de Calais

Syndicalisme | 12/12/14
Lettre ouverte aux élus PS

interpellation des élus PS sur la répression syndicale subie par la Confédération paysanne

Madame, Monsieur,

Une nouvelle fois, le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel, est convoqué au commissariat dans le cadre des actions menées contre l’usine des 1000 vaches, en Picardie. Il a déjà été placé trois fois en garde à vue, et condamné par le tribunal d’Amiens, avec huit autres militants, à 5 mois de prison avec sursis le 28 octobre. Il est convoqué ce vendredi 12 décembre dans le cadre d’une nouvelle procédure liée à l’occupation du siège social de l’entrepreneur des 1000 vaches, Michel Ramery, le 12 septembre 2013.

Ce jour-là, alors que 400 personnes participaient à cette occupation, une vitre a été accidentellement brisée et la personne responsable du dégât s'est immédiatement signalée. Il n’en faut pas plus pour convoquer une nouvelle fois le porte-parole d’un syndicat représentatif !

Nous pensons qu'il s’agit clairement d’un acharnement dont personne ne peut être dupe à l’heure où il est possible de brûler un centre des impôts en toute impunité. Pour nous, il y a une volonté de faire taire la Confédération paysanne qui porte une parole qui dérange. Les valeurs de solidarité, les préoccupations sociales et environnementales ne sont plus admissibles dans une société où compétitivité et croissance sont les aiguillons de nos politiques.

Vous, élus de la majorité, avez un rôle indispensable à jouer pour que l'action gouvernementale soit en cohérence avec les convictions que vous portez. Trouvez vous légitime que le porte parole national d'un syndicat représentatif soit entendu pour une simple vitre cassée ? Est-ce normal que la justice nie le droit à l'action syndicale, pourtant bien inscrite dans la charte des droits de l'Homme ? Acceptez vous que l'action syndicale de la Confédération paysanne soit réprimée de la sorte ?

Dès maintenant, nous vous demandons de prendre position publiquement sur ces questions et d’interpeller le Premier ministre et la ministre de la justice pour que cesse cet acharnement.

Nous sommes à votre disposition pour toute question sur ce sujet et vous prions d’agréer l’expression de nos salutations respectueuses.

Webdoc : les paysans ont de l'avenir

Sous le feu des projecteurs avec l’implantation de l’usine des 1000 vaches, l’agriculture picarde jouit désormais d’une bien triste réputation. Ses promoteurs veulent nous faire croire que ces fermes géantes sont l’avenir d’une agriculture « moderne et compétitive ». Pourtant, nous, acteurs de terrain, savons bien que, en Picardie comme ailleurs, il existe une agriculture qui répond aux attentes des citoyens et fait vivre des paysans fiers de leur métier.

Les réalisateurs Arthur Rifflet et Mathieu Eisinger ont réuni des témoignages de cette vitalité de l’agriculture paysanne picarde dans un webdocumentaire : Les paysans ont de l’avenir. Ces hommes et ces femmes nous parlent de leur métier et des thèmes qui leur sont chers : l’installation, les liens humains, l’agriculture paysanne, et l’engagement.

Leurs témoignages démontrent la raison d’être d’une lutte qui s’attache avant tout à préserver ce qui fait la vraie richesse de nos territoires : des paysans nombreux qui produisent, dans le respect de l’environnement, une alimentation de qualité, qui contribuent à créer de l’emploi et à rendre nos campagnes plus solidaires. Contre les « 1000 vaches » et l’industrialisation de l’agriculture, nous disons haut et fort que ces paysans et paysannes sont l’avenir de l’agriculture !

Une justice à deux vitesses au bénéfice de Ramery et de ses 1000 vaches

Après trois semaines de délibéré, le tribunal administratif d'Amiens vient enfin de rendre sa décision : selon les juges, le permis de construire de Michel Ramery est valable !

Peu importe donc que l'industriel ait construit ses bâtiments sur des réserves archéologiques, qu'il en ait déplacé certains et agrandi d'autres, que son architecte soit le maire qui a signé son permis de construire. Michel Ramery s'arroge tous les droits, qu'il s'agisse de mépriser un permis de construire ou de proférer des menaces violentes.


Mais qui sommes-nous face à celui qui peut même se permettre de convaincre un préfet de ne pas suivre les consignes de ministres ? Qui sommes-nous face à celui qui a pu faire trainer toutes les procédures pour s'assurer une première traite le 1er avril ?
Nous sommes ceux qu'on poursuit pendant qu'il construit ce qui nous détruira. Cinq personnes en garde à vue en novembre, Laurent Pinatel, le porte-parole de la Conf' à nouveau convoqué la semaine prochaine… Mais pas encore une seule audition pour celui qui a menacé Michel Kfoury, le président de Novissen, de s'en prendre à sa maison ! La justice n'est pas la même pour tous. Ne sommes-nous donc que les serfs d'un seigneur local ?


Ce projet est le symbole d'une agriculture qui fera disparaître les paysans. Il n'est pas compatible avec une agriculture paysanne, pourvoyeuse d'emploi, de produits de qualité et respectueuse de l'environnement, en un mot, synonyme d'avenir. Michel Ramery a fait jouer tous ses atouts pour traire ses 300 premières vaches le 1er avril. Mais nous n'avons pas abattu toutes nos cartes…

1000 VACHES

APPEL A MOBILISATION LUNDI 17 FEVRIER à AMIENS

RDV à partir de 12h place Longueville

Le préfet de la Somme, prend la défense des 1000 vaches

Il y a les puissants, et il y a les autres. Michel Ramery fait partie de la première catégorie, nous le savions. Deux poids, deux mesures qui voudraient rendre caduques les volontés affichées par des ministres de la République. Le préfet de la Somme vient d’envoyer un « mémoire » au tribunal administratif d’Amiens pour donner son avis sur ce projet. 38 pages où il démonte point par point les arguments avancés dans cette procédure, à l’opposé des positions de Cécile Duflot.

Lundi 17 février à 14h, la Confédération paysanne sera devant le tribunal administratif d’Amiens, avec Novissen et ses partenaires, pour porter le référé suspension concernant le permis de construire des 1000 vaches. Les arguments ne manquent pas pour mettre fin, une bonne fois pour toutes à ce projet destructeur ! Avec le soutien affiché de trois ministres, nous partons confiants. Mais Michel Ramery a de l’entregent. Ses appuis sont nombreux. Ses appuis ont du pouvoir. Nous nous attendons à d’autres attaques.

Mais qu’il ne l’oublie pas, nous ne sommes peut-être pas puissants, mais nous savons nous montrer persuasifs. Notre « intérêt à agir », c’est que derrière le symbole de la ferme-usine des 1000 vaches, l’avenir des paysans est en jeu.

A l’occasion de l’audience de lundi, un rassemblement est organisé à midi place Longueville à Amiens. Un point presse se tiendra à 13h. A cette occasion, en présence du porte-parole Laurent Pinatel, nous ferons le point sur les suites de la mobilisation pour enterrer définitivement la ferme-usine des 1000 vaches, et stopper l’industrialisation galopante de l’agriculture.

Les paysans de la Conf' toujours mobilisés contre le projet des 1000 vaches

Le 16 janvier dernier, une vingtaine de paysans du Nord-Pas-de-Calais ont participé à l'opération menée par la Confédération paysanne sur le site de la future ferme-usine des 1000 vaches à Ducrat dans la Somme.

Ils se sont menottés aux poteaux du bâtiment principal, symbolisant par ce geste les conséquences désastreuses de ce projet sur leur avenir. Ce bâtiment, comme tous ceux qui ont été construits ces derniers mois, n'est pas conforme au permis de construire. Une demande de permis modificatif a été déposée en préfecture.

Face au silence des ministères sollicités, les paysans ont pris leur responsabilité en le démontant une partie du chantier...ce qui a finalement permis de décrocher un entretien au près des ministres Cecile Duflot et Philippe Martin.

L'Etat, via le ministère de l'Aménagement du territoire, a les cartes en main pour mettre fin à ce projet!

Dans un second temps, les sénateurs et les députés qui étudient en ce moment la Loi d'avenir pour l'agriculture, devront intégrer dans le texte un encadrement strict des montages sociétaires qui permettent à certains de s'agrandir aux dépends des paysans fiers de leur métier et qui doivent pouvoir en vivre.

La ferme-usine des 1000 vaches est un symbole. Stopper ce projet ne peut être qu'une première étape. L'Etat doit prendre ses responsabilités pour donner un avenir aux paysans, pour que les territoires ruraux retrouvent leur dynamisme, pour que l'environnement soit respecté, pour que les consommateurs aient accès à une alimentation de qualité. L'industrialisation de l'agriculture est peut-être le moyen de retrouver quelques fractions de points de croissance, mais elle détruira tout sur son passage.

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