interdépartementale Nord et Pas-de-Calais

Solidarité Paysanne


Solidarité Paysanne est le journal de la Confédération Paysanne Interdépartementale du Nord et du Pas-de-Calais. Vous y trouverez des informations sur l'actualité syndicale et agricole, nos actions et revendications, et à propos des paysans et des associations engagés de notre réseau.


Le numéro du mois

n° 375 - mai 2018
Editorial
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Editorial

Industrialisation de la réforme



Le gouvernement Macron change des précédents par son empressement à enchaîner les réformes. A l'usine des 1 000 vaches, les réformes* se succèdent, elles aussi à un rythme effréné depuis l'ouverture de ce camp de concentration, beaucoup plus nombreuses que celles d'un élevage herbager et même intensif mais « familial » de ruminants. Ces dernières n'ont évidemment pas été recherchées mais sont la conséquence de l'intensification des méthodes d'élevage. Depuis mars 201 5, l'usine à merde de feu Michel Ramery est, au delà de notre opposition à l'élevage industriel, dans l'illégalité. Sans compter la non-réalisation du méthaniseur qui était initialement vendu comme "l'intérêt écologique" majeur de ce funeste projet, l'entreprise est sous la menace de 650 000 € d'amendes qu'elle conteste.
Malheureusement, le temps semble jouer en sa faveur. En effet, à la durée "normale" d'instruction des affaires s'ajoute le manque de moyens de la justice qui rallonge les procédures sans compter les probables pressions politiques de baronies "socialistes" qu'on disait proches du promoteur. Plus le temps passe, plus l'usine à vaches semble faire partie du paysage.
On ne peut accepter cette situation comme on ne peut accepter qu'il faille si longtemps pour que la justice fasse son travail. Malgré un prix du lait trop bas qui pousse trop de paysans vers la sortie, l'usine continue à déverser la production de ses 900 vaches sur le marché. Limitée aux 500 vaches pour lesquelles elle avait eu l'autorisation d'exploiter, qui nous dit que le prix du lait et le décès du patriarche n'auraient pas suffi à donner le coup de grâce à ce projet ?
Espérons que l'Amiénois le plus célèbre actuellement nous ponde une réforme qui remédie à cela...
Dans un environnement professionnel toujours plus difficile, beaucoup d'entre nous trouvent les moyens de continuer à être paysans grâce au développement d'alternatives sur leurs fermes ou aussi parfois avec un complément de revenu extérieur. Se mobiliser contre les 1 000 vaches peut sembler inutile car on peut croire que l'agriculture à deux vitesses qu'on nous annonce depuis longtemps avec des productions de niches qualitatives d'un côté et l'agro-industrie de l'autre pourrait nous laisser une place. Personnellement, je n'y crois pas. Pour le moment, la dérégulation et le désengagement de l'État profitent surtout aux plus riches comme Ramery et laisse de moins en moins de places aux "petits".
Le 31 mai seront jugés à Amiens nos camarades paysans qui avaient, en mai 2014, démonté la salle de traite de l'usine à vaches alors en construction.
Ensemble, allons les soutenir et faire entendre à toute la société nos arguments contre l'agro-industrie et pour une agriculture paysanne.

Mathieu Glorian, co-porte-parole.

* en langage agricole, unr «réforme» est une vache laitière envoyée à l'abattoir

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